Élections ouvrières : entre fraude et chasse aux « Frères masqués »

dans la rubrique Chroniques égyptiennes 2006

« Élections ouvrières : entre fraude et chasse aux « Frères masqués » », in Chroniques égyptiennes 2006, Le Caire, Cedej, 2007.


Résumé

Les élections ouvrières de 2006 ont été les troisièmes élections les plus importantes du cycle électoral de la succession présidentielle, après les élections présidentielle et législatives de 2005. Bien que les candidats affiliés à des partis politiques (600 membres issus de la gauche et 500 Frères musulmans) représentaient 3 % des 35 000 candidats en lisse, selon les observateurs des ONG d’opposition, le président du syndicat et la nouvelle ministre du Travail ont mis en place un processus de sélection administrative très sophistiqué, qui a évincé la moitié des candidats en assurant que 37% des non-évincés seraient cooptés sans élections. 60 % des syndicalistes élus et cooptés étaient nouveaux, ce qui traduit une forte volonté de changement. Les 3 % de l’opposition ont eu recours à des moyens juridiques et politiques légaux (mobilisation et alliances, observateurs, médias, négociations avec le gouvernement) pour assurer 1,5 % de présence au niveau des entreprises et 1 % de participation à la tête du syndicat ouvrier.


Elections at the Workers’ Union : between electoral fraud and “masked Muslim Brothers” hunt

Abstract

The 2006 Workers Trade Union elections were the third biggest elections of the Presidency succession process, after the Presidential and Parliamentary elections in 2005. Although politically affiliated candidates (600 leftists and 500 Muslim Brotherhood members) represented about 3% of the 35,000 candidates, the head of the Union and the new Minister of Labour have, according to opposition-watching NGOs, innovated a sophisticated administrative selection process, that evicted half of the candidates and ensured to that 37% of the non-evicted would be co-opted without elections. 60% of the elected and co-opted trade unionists were new, which revealed a strong willingness for change. The 3% opponents used all juridical and legal political means (mobilization and alliances, watching and media, negotiation with the Government) to ensure a 1.5% presence at the enterprises level and a 1% participation at the head of the Workers’ Unions.