"Ville durable" au sud de la Méditerranée

Mercredi 19 mai 2010, dans la rubrique Pôle études urbaines

Programme collectif porté par le CEDEJ suite à l’appel à projets méditerranéens de coopération scientifique inter-universitaire (MeRSI) proposé par l’Agence Universitaire de la Francophonie fin 2009 :

Le programme s’intitule : « Ville durable en Méditerranée : retour sur les premières expérimentations du développement urbain durable sur la rive sud (Maroc, la Tunisie, l’Egypte, la Syrie et le Liban) ».

Ce programme sera mené sur la période 2010 / 2012 et inclut l’IFPO et le département d’urbanisme de l’université libanaise, l’université de Sfax, l’IRMC, l’Université de Nanterre, CNRS-UMR EVS et Université de Lyon II.

Les co-responsables scientifiques sont :
- Pierre-Arnaud Barthel, géographie, urbanisme et environnement, chercheur au CEDEJ, coordinateur du programme
- Ali Benasr, MCF HDR de géographie à l’université de Sfax,
- Valérie Clerc, architecture et urbanisme, chercheure à l’IFPO,
- Pascale Philifert, MCF en urbanisme à l’Université de Nanterre,
- Mousbah Rajab, Professeur en urbanisme, Université libanaise – laboratoire C.E.R.D.A.
- Eric Verdeil, chercheur CNRS en géographie et urbanisme au CNRS-Lyon.
- Lamia Zaki, politologue, chercheur à l’IRMC

+ étudiants en master en accueil et doctorants

Orientations scientifiques :

Le changement climatique, l’urbanisme éco-responsable et la maîtrise de la consommation énergétique sont autant de questions qui ont été érigées depuis quelques années en problèmes publics sur la rive sud de la Méditerranée, dont s’emparent non seulement élus et pouvoirs publics, mais aussi acteurs privés, société civile (ONG et associations) et acteurs internationaux présents dans les pays. Et les villes en tant qu’espaces concentrant désormais une part majeure de la population et de la consommation énergétique, et en tant que systèmes complexes d’acteurs institutionnels et économiques, sont des lieux très sensibles d’expérimentation du développement urbain durable (DUD). Ainsi, la question de la diffusion de cette nouvelle injonction depuis au moins les années 2000 de l’autre côté de la Méditerranée est posée dans ses modalités, ses nécessaires adaptations et appropriations.

Ce projet s’intéressera à la mise à l’agenda et à la mise en pratique du DUD à travers un panel de plusieurs pays (Maroc, Tunisie, Liban, Egypte, Syrie) et villes. Cette étude permettra de saisir comment la question de la durabilité urbaine commence à être intégrée dans la décision publique et dans les modes de l’action collective. Elle envisagera aussi la manière dont se territorialisent les politiques publiques visant le DUD sur la rive sud ? Comment les enjeux se diffusent-ils à travers les débats, les réalisations, les lois ? Qui sont les acteurs qui innovent (militants associatifs, groupes privés, municipalités, ministères) ? Comment les décideurs et autre acteurs parlent du DUD, comment on travaille concrètement dans les projets, à partir de quels instruments, avec quels objectifs et quels résultats ?

L’enjeu est d’essayer de faire un état des lieux des politiques et aménagements centrés sur le DUD. Nous entendons par là, d’une part, les mobilisations institutionnelles visant à adapter le cadre légal et administratif à de nouvelles pratiques, notamment dans les domaines de la consommation énergétique, de la production des énergies renouvelables, mais aussi l’articulation urbanisme / transport, le recyclage des déchets et la gestion du cycle de l’eau. D’autre part, et ce sera là un point d’investigation principale, le chercheur intéressons aussi aux projets d’aménagement et de construction labellisés « durables », en vue d’en identifier les acteurs, les objectifs, les méthodes de financement, les choix éco-responsables, les technologies et les impacts sociaux.